Le véganisme gagne du terrain

PLUS QU’UNE SIMPLE CONVICTION, C’EST UN MODE DE VIE. ÊTRE VÉGANE, C’EST AGIR CONTRE LA VIOLENCE EN S’EFFORÇANT DE NE PAS CONSOMMER D’ANIMAUX ET DE PRODUITS DÉRIVÉS D’ANIMAUX. CETTE PHILOSOPHIE,
PLUS CONTRAIGNANTE QUE LE BIO, RENCONTRE UNE OFFRE EN PLEIN DÉVELOPPEMENT.

Avec une augmentation de 82 % en  2016, les ventes de produits végétaux  ont le vent en poupe en France.  La viande leur cède de plus en plus sa  place dans l’assiette des Français. A côté  du végétarisme (non-consommation des  chairs animales, viande et poisson) et du  végétalisme (refus en plus des aliments  produits par les animaux, comme le  miel, le lait ou les oeufs), a émergé ces  dernières années le Végane, autour de  produits ne contenant aucun élément  d’origine animale, comme le cuir, la  soie ou la laine.  Loin de se limiter au domaine alimentaire,  la revendication a gagné la fabrication  des livres, des cosmétiques ou des  sacs à main, avec le refus de produits  testés sur des animaux ou contenant des  substances animales.  “Les mentalités changent très vite. Pour  moi, Internet joue un rôle très important.  Tout le monde a désormais accès à  de très nombreux documents à la fois sur  la nutrition et sur la réalité des élevages  et des abattoirs. Je crois que l’alimentation  carnée s’appuie sur l’invisibilité des  traitements faits aux animaux; rendre  ces traitements visibles est donc un véritable  catalyseur”, explique Elodie Veille-  Blanchard, présidente de l’Association  végétarienne de France (AVF).  LA FRANCE COMBLE SON RETARD  “Même si la France reste un peu à la  traîne d’autres pays d’Europe, le véganisme  se développe très rapidement  grâce à l’action des associations”, estime  Swantje Tomalak, chef de projet pour  le VeggieWorld France, salon désormais  organisé quatre fois par an.  Fondée en 2008, l’association L214  entend attirer l’attention sur les souffrances  faites aux animaux. “En 2016,  nous avons diffusé plusieurs vidéos tournées  dans des abattoirs d’animaux de  boucherie de toute taille en France. Ces  images ont été un tel choc qu’elles ont  conduit le ministre de l’Agriculture à  ordonner une inspection généralisée dans  tous les abattoirs d’animaux de boucherie  et l’Assemblée nationale à mettre en  place une commission d’enquête parlementaire”,  indique Brigitte Gothière,  porte-parole de l’association.  Une proposition de loi a été votée en première  lecture à l’Assemblée nationale en  janvier dernier. “Si cette loi aboutit, elle obligera  les abattoirs à se doter d’un contrôle  vidéo et elle créera un délit de mauvais traitement  au sein des abattoirs.”  Convaincre pour aller au-delà de l’effet  de mode, tel est le pari. “75 % des  Véganes ont changé de régime par soutien  à la cause animale”, assure Swantje  Tomalak, qui voit dans le lancement de  gammes végétariennes par les géants  de la grande distribution le signe d’un  changement d’ère. n 

Le véganisme, une conviction intime 

Par Ludvina Sanchez,  fondatrice de Pachamamaï,  1re marque française  certifiée Cruelty free &  Vegan  Le véganisme, loin d’être  un eff et de mode, est la  conviction intime que notre  mode de vie peut être  équilibré et harmonieux  sans pour autant recourir  à l’exploitation animale.  Cela ne concerne pas  uniquement l’alimentation  mais aussi les aspects  de la vie comme la  cosmétique.  Qu’est-ce que la  cosmétique végane ? Elle  exclut bien entendu les  ingrédients et produits  testés sur animaux  qui ne sont en rien une  preuve d’innocuité pour  les utilisateurs. De  nombreuses alternatives  scientistes existent à  cet effet. Alors pourquoi  continuer à tester ? La  réglementation l’impose  pour tout nouvel ingrédient  arrivant sur le marché, ce  qui est la conséquence de  la course aux brevets, à la  dernière molécule miracle  ultra-dermo-innovante.  La cosmétique végane  garantit l’absence  d’ingrédient d’origine  animale ou issu du travail  animal, comme le lait, le  miel, la propolis, la soie,  la cire, etc. Ceux-ci se  glissent partout dans les  cosmétiques, notamment  dans les pigments de  rouges à lèvres, comme la  cochenille, un petit insecte  rouge. L’enjeu est alors  de maîtriser l’art de la  formulation en valorisant  les trésors végétaux de la  nature.  Comment être sûr de  ce que l’on achète ? En  regardant par exemple  la liste Cruelty free and  vegan de PETA, un des  labels les plus exigeants  en la matière, qui atteste  aussi que les marques  certifi ées ne sont pas  distribuées dans des pays  réclamant des tests sur  animaux, comme la Chine.  Ou alors en allant dans des  boutiques spécialisées,  comme Vegan Mania.

2 Comments

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      laurent
      janv. 5, 2018

      Bonjour, Je suis de plus en plus sensible et réceptif aux discours prônant une véritable conversion écologique qui commence dans notre vie quotidienne et doit être menée à l'échelle de la société tout entière. Merci de nous aider à prendre conscience de tout cela. Je suis d'ailleurs sur votre site pour acheter un shampoing solide. J'ai cependant une question qui me taraude : comment concilier la prise de conscience de la souffrance animale cachée dans les abattoirs avec le refus d'aborder la souffrance humaine cachée des foetus avortés en si grand nombre dans le ventre de leur mère ? Où se trouve la cohérence ? Je n'arrive pas à dissocier l'un et l'autre. Qu'en pensez-vous ?

      • Avatar
        So
        avril 9, 2018

        Bonjour Laurent :)Je me permets de répondre. En ce qui concerne l'IVG, on impose un délai justement parce que ça serait immoral d'avorter d'un fœtus bien formé. Si l'IVG est autorisé jusqu'à 12 semaines en France, c'est parce que lors du premier trimestre, ce n'est pas encore un bébé mais seulement un potentiel bébé. Pendant les 8 premières semaines on ne parle même pas de fœtus mais d'embryon, c'est pour dire... A ce stade ce n'est donc pas un être humain qui a une conscience et qui ressent des choses, mais plutôt un amas de cellules.En parallèle, quand on regarde le nombre d'enfants malheureux parce que nés dans une famille qui n'avait pas les moyens matériels et/ou émotionnels de les accueillir, on se dit qu'il vaut peut-être mieux ne pas leur imposer la vie, même si un IVG reste toujours une décision difficile à prendre.Et pour revenir aux animaux, je pense qu'arrêter une vie avant même qu'elle ne démarre reste bien moins cruel que ce que subissent les animaux d'élevages...Le but en fait n'est pas d'être "parfait", mais de créer le moins de souffrance possible. C'est sûr qu'à choisir, il vaudrait encore mieux ne pas tomber enceinte d'un enfant qu'on désire pas. Mais si jamais ça arrive, il n'y a pas vraiment d'autre choix que l'IVG pour éviter des souffrances à cet enfant.J'espère avoir répondu à la question :)

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